Le programme ARTIGAL
En 1995, DIHUN invitait un Catalan, M. ARTIGAL, à venir présenter sa façon de concevoir l'enseignement de la troisième langue dans les écoles maternelles bilingues. Depuis, Monsieur ARTIGAL suit le programme "d'introduction de la troisième langue chez les enfants bilingues" mis en place dans le Morbihan, en accord avec la DDEC 56. La première école à se porter candidate fut l'école Sainte Cécile de THEIX.
C'est dans les écoles maternelles catalanes où il était instituteur que J. M. ARTIGAL a développé sa pratique et sa théorie de l'enseignement des langues. Voici brièvement présentés les principes qu'il a dégagés de son expérience et qui peuvent servir maintenant à initier d'autres expériences.
1. LA LANGUE N' EST PAS DANS LE BLA-BLA La langue ne peut se réduire au bruit de la bouche. Or, prononcer des mots ou des phrases peut être perçu comme un bruit par une oreille qui n'y trouve pas de sens. Ce que l'on sait maintenant, c'est qu'au-dessous de 7 ans environ, l'enfant est largement tributaire du contexte, et que chez lui, le "texte", le dit, la parole ne peuvent trouver leur sens que si le contexte le permet.>
2. LA LANGUE MATERNELLE La langue première est apprise auprès de la mère. C'est la mère qui passe la plus grande partie du temps auprès du bébé : le faire téter, le bercer, le changer, même si cela évolue. On sait maintenant que le bébé apprend les mots et les expressions parce qu'ils sont prononcés toujours dans les mêmes lieux, le même contexte. Certains mots sont dits pendant la tétée, d'autres à l'heure du coucher, etc. ... Consciemment ou pas, la mère et l'enfant ont une chose essentielle en commun : la structure spatio-temporelle que la mère organise, et dans laquelle le bébé trouvera le sens des mots.
3. LA STRUCTURE SPATIO-TEMPORELLE La même démarche est à faire pour l'enseignement des autres langues : organiser une structure spatio-temporelle dans laquelle, pour l'enfant, les mots de la nouvelle langue prendront tous leurs sens. Pour illustrer son propos, M. ARTIGAL prend l'exemple de la marelle (cf. schéma).
Pour ARTIGAL, un mot étranger (incompris) est semblable à une vulgaire pierre : sans aucune valeur. Pour qu'elle devienne un jeton (plein de sens), il faut que l'enfant la mette dans une case du jeu. Là est la langue.
4. LA PEDAGOGIE D'ARTIGAL Ainsi, le travail du maître va consister à établir une structure spatio-temporelle dans laquelle les enfants pourront situer les mots et expressions nouveaux et, par là-même, les comprendre.
Il a inventé pour cela de petits sketchs à trois ou quatre personnages. L'un d'eux est le narrateur, qui devient tantôt le personnage 1, tantôt le personnage 2, chacun ayant une place clairement déterminée .
C'est une espèce de théâtre, avec un but précis : faire en sorte que les enfants sachent bien qui est le personnage en train de parler, et dans quelle histoire il évolue, tout cela dans la langue nouvelle. Et ça marche !