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Dossiers Dihun

Monsieur Dalgalian osculte le P.M.B.

Le Conseil Régional de Bretagne a souhaité disposer d'une évaluation du "Programme Multilingue Breton" et nous a proposé de la faire faire par M. Dalgalian, qui est une des personnalités les plus compétentes en la matière en France.
Il a évalué durant une semaine tous les niveaux de la MS de maternelle de l'école St Gwenn à la classe de 3ème du collège de Ménimur, tant en ce qui concerne la partie anglaise du PMB, que la partie bretonne de certaines classes et la partie anglaise de classes monolingues correspondantes. Voici quelques extraits des 25 pages de ce rapport.

Notons qu'après avoir obtenu le 1er prix du Conseil de l'Europe pour l'innovation pédagogique, une partie du matériel vient de recevoir encore, par le duc d'Edimbourg à Londres, au palais de Buckingham, le prix "President's Award" accordé par The English Speaking Union pour sa qualité.

Soulignons aussi que le but du Programme Multilingue Breton est de donner aux enfants la maitrise des trois langues bretonne, française et anglaise et qu'il a déjà été observé que l'introduction de la 3ème langue chez les enfants bilingues apportait un plus aux deux premières. Le travail de Monsieur Dalgalian porte cette fois surtout sur la partie anglais du PMB comparée à l'anglais classique et au breton.

Extraits du rapport de Monsieur G. Dalgalian

Les objectifs de la méthode Artigal sont clairement exposés
MS bilingue en anglais
GS de maternelle (cours en breton et en anglais)
CE2 bilingue (cours en anglais)
CM1-CM2 en langue bretonne
CM2 bilingue (cours en breton et en anglais)
6ème bilingue (cours en anglais)
4ème bilingue (en anglais)
4ème monolingue (cours en anglais)
3ème bilingue (cours en anglais)
Analyse et commentaire
Conclusion

Les objectifs de la méthode Artigal sont clairement exposés

Apprendre en utilisant et non apprendre d'abord pour utiliser plus tard...

Faire du sens (et non de la perfection formelle) dès les premières utilisations de mots ou de structures ;

La langue toujours en contexte et l'élève toujours en situation de communication : temps, espace, circonstances sont connus ou faciles à appréhender, permettant l'identification ;

L'intention de communication doit venir de l'élève et non pour reproduire un modèle ;

Les récits, sketches et autres activités mobilisent l'intérêt et l'intention, tantôt par l'intrigue elle-même, tantôt par l'implication de l'élève dans la tâche.

Il convient ici de donner une appréhension globale de la méthologie : elle se range dans les meilleures avancées récentes de la didactique des langues et des sciences du langage.

Classe de MS bilingue en anglais

Après seulement 3 mois d'anglais, on ne peut pas imaginer plus de compréhension orale, ni davantage de lexique que ce que cette classe de MS a engrangé.
Profil de classe prometteur pour la suite : ces élèves seront à terme des plurilingues, car ils ont déjà intégré le désir de langue et "l'audace du passage à l'acte."

Au niveau des GS de maternelle (cours en breton et en anglais)

La classe a été vue 3 fois en anglais et en breton. L'heure de breton a permis de constater le niveau de bilinguisme atteint par ces élèves : débit fluide, compréhension excellente et aisance très satisfaisante, on faire le diagnostic d'une bonne compétence de communication, correspondant aux besoins de leur âge. D'ores et déjà le "décollage" a eu lieu. On a la nette impression que des habitudes d'apprentissage ont été mises en place en breton qui servent maintenant en anglais.
L'heure d'anglais révèle la même aisance et même propension à prendre la parole, mais évidemment avec des outils linguistique (vocabulaire, structures) beaucoup plus limités. La communication orale, même avec des moyens limités, est devenue chez eux une habitude et bientôt une aptitude.

Classe de CE2 bilingue (cours en anglais)

Le profil de ce CE2 est à comparer avec celui de CM1 de l'heure précédente : aussi actif que ceux du CM1, les élèves du CE2 ont un niveau égal ou comparable et leurs productions ofrales et écrites sont plus aisés et plus cohérentes malgré une année de moins en anglais.

CM1-CM2 en langue bretonne

Matière abordée : Rotation de la terre autour du soleil et de la terre sur elle-même. Les élèves comprennent tout et répondent à l'aise. Non seulement la compétence de communication en breton ets en place, mais aussi la compétence cognitive pour aborder cette matière en breton. Compréhension et production révèleent une maîtrise largement suffisante de la langue bretonne pour aborder les notions disciplinaires.

Classe de CM2 bilingue (cours en breton et en anglais)

En breton, les attentes sont remplies : compétence de communication bien en place et compétence cognitive suffisante en breton por aborder les autres matières.
Le bilinguisme des élèves se révèle opérationnel quand il abordent l'anglais, les transferts sont nombreux, les initiatives réelles.
Le profil enthousiaste et actif de cette classe est en harmonie avec son niveau de maîtrise de l'anglais : avec moins d'outils linguistiques que les 5ème et les 3ème vues précédemment, ces élèves manifestent une belle prolixité en anglais qui semble due à la combinaison du démarrage précoce en MS de maternelle et de la méthodologie 'Artigal' qui permet une implication totale des enfants dans des tâches dès les premiers apprentissages, sans se focaliser sur les formes de la langue et ses 'fautes' possibles.
Notons que l'utilisation transdisciplinaire de l'anglais n'attend pas la classe de 3ème. C'est dès le CM2 que les notions de diverses disciplines sont enseignées en cette langue. Puis de la 6ème à la 4ème différents modules d'Histoire, de Géographie, de Musique, seront progressivement utilisés.

En conclusion, le niveau d'anglais du CM2 bilingue montre une plus grande aisance et spontanéité des bilingues breton-français. Plurilinguisme oblige.

Classe de 6ème bilingue (cours en anglais)

Voilà un profil de classe intéressant : élèves actifs et motivés, attentifs et soucieux de bien asseoir leur anglais ; les quelques erreurs ne contredisent pas ce portrait de classe, car le souci de correction est patent. Ce qui est le plus frappant dans le comportement de cette classe, c'est la propension à ne pas se braquer sur tel ou tel déficit formel (mot manquant, tournure défaillante) et à ne pas reculer devant l'obstacle : c'est le passage à l'acte qui compte.
On peut hésiter sur les raisons de ce diagnostic favorable : est-ce l'effet du bilinguisme précoce breton-français ? Est-ce l'effet de la méthologie 'Artigal' ? Ou les deux ?

Mais le résultat est là : les élèves en provenance de CM2 sont en mesure d'aborder bientôt une matière complète en anglais.

4ème bilingue (cours en anglais)

Non seulement la spontaétité est bien meilleure, mais surtout le niveau tant de compréhension que de production orale est nettement au-dessus de celui de la 4ème monolingue. Les bilingues ont appris à appréhender les langues dès leur plus jeune âge et la méthodologie semble y avoir contribué. Le même professeur semble bien plus à l'aise pour conduire une classe dynamique avec les bilingues qu'avec les monolingues.
Ces mêmes élèves en anglais brillent par leur spontanéité et leur aisance verbale : à l'occasion d'un cours qu'on peut qualifier d'initiatioin aux genres littéraires, ils montrent qu'ils ont à la fois la compétence textuelle pour distinguer entre les genres textuels et les fondamentaux pour aborder une matière en anglais. Ils sont prêts pour l'enseignement d'autre matières en anglais dès la 3ème, comme il est prévu

Cette classe de 4ème est prête pour recevoir un enseignement disciplinaire complet en anglais dès cette année est cela à d'ailleurs été le cas avec ce cours de littérature observé ici.

4ème monolingue (cours en anglais)

Le profil de cette classe est très parlant. Les élèves ne parviennent pas à se détacher du français, leur langue maternelle. Pourtant le plus significatif vient de ce cours de 4ème monolingue en anglais. Ce cours et le précédent en 6ème bilingue ont été conduits par le même professeur : L. ne perd pas son savoir-faire en changeant de classe et on même dire au contraire que ces 4ème profitent de ses pratiquent pédagogiques inspirées de la méthode 'Artigal'.

Il faut donc se rendre à l'évidence : les 6ème bilingues - quels que soient les parts respectives des facteurs déjà cités - ont une meilleure maîtrise de l'anglais (avec une spontanéité incomparable) que la 4ème monolingue en anglais LV2. Le nombre de langues étudiées n'a pas eu d'effet notable ; en revanche, l'âge de démarrage et l'intensité du bilinguisme initial expliquent la prolixité des 6ème et la difficulté de décollage des 4ème monolingue...

3ème bilingue (cours en anglais)

En classe de 3ème, ce n'est plus la méthode de langue, mais l'efficacité de la biologie en anglais qu'il faut apprécier... les élèves montrent un niveau de compréhension et d'expression orales totalement adéquat à l'acquisition de nouveaux concepts scientifiques qui sont apportés dans cette langue.
Ce n'est pas le cas avec la classe monolingue de même niveau (4ème). Les fréquents recours au français par les élèves dénotent un déficit évident dans leur compétence de communication en anglais.

Les 3 étages de l'édifice de la langue anglaise ont bel et bien été construits au cours de ce Programme Multilingue Breton : la compétence de communication, fondation de l'édifice ; la compétence textuelle, son rez-de-chaussée par où passent tous oles contenus éducatifs ; et enfin la compétence cognitive en langue que constituent les étages disciplinaires et leurs langues de spécialités.

Analyse et commentaires

Sur la méthodologie 'Artigal' et les manuels dérivés :

Les objectifs sont atteints, puisque les élèves sont toujours mis en situations authentiques ou simulées, et quasiment jamais en situations de répétitions artificielles, d'où leur totale implication dans les tâches et leur plaisir manifeste à résoudre les situations-problèmes en acquérant les outils linguistiques adéquats.
Du coups l'élève devient sujet (au moins à 80% du temps) et de ses propres apprentissages et l'anglais qu'il acquiert lui appartient tout de suite totalement.

Mais le résultat va au-delà : en effet, les enseignants d'anglais étant presque toujours les mêmes en bilingue et monolingue, il en résulte un "débordement" - positif - de la méthode "Artigal" sur la plupart des classes d'anglais monolingues : là aussi l'effort de mise en situation profite à ces élèves qui progressent bien.

Sur les bénéfices de la précocité en langue :

Comment cela rejaillit-il sur l'apprentissage de l'anglais en 3ème position dès la MS de maternelle ? C'est l'équipement neurologique du bilinguisme précoce - bien supérieur à celui du bilinguisme acquis plus tard - quie est à l'origine de transferts plus faciles et plus nombreux chez le bilingue précoce qui aborde sa 3ème langue que chez le monolingue qui aborde sa 2ème langue.

Sur les niveaux d'anglais respectifs chez les bilingues et les monolingues

Qu'en est-il de la GS monolingue ? Nous l'avons dit, ils apprennent bien et s'impliquent, mais on ne peut en aucun cas parler ici de compétence de communication commençante contrairemetn à la GS bilingue.

Qu'en est-il de l'anglais des CM2 monolingues ? C'est la seule leçon qui échappait totalement aux procédés et aux exercices inspirées de la méthologie 'Artigal'. Leur capacité d'apprendre une langue n'est pas en cause et ils montrent une réelle maîtrise des formes de l'anglais, due très certaineemnt pour eux aussi à leur démarrage précoce (mais pas intensifà de l'anglais.

Ce qui manque à cette classe, en revanche, c'est la spontanéité et la prise d'initiative qui caractérise une bonne compétence de communication. Chez ces élèves, la maîtrise des formes n'assurera pas forcément des transferts faciles lorsqu'ils seront en situation de devoir communiquer réellement.

Conclusion

Quant à la filière bilingue dans son ensemble, elle est déjà prête à entrer dans la catégorie des Sections Internationales (décret du 10 mai 1981) qui ont un enseignement bilingue dès la maternelle et jusqu'au bac et une ou plusieurs matières en langue. Dans le cas de la filière de Vannes, le breton serait un plus et un léger renforcement de l'horaire en anglais permettrait d'accèder au label 'Section internationale'.

Le Programme Multilingue Breton qui associe l'anglais dès la 2ème année de l'école maternelle est indéniablement une réussite et promis à un beau développement. Il devrait convaincre même les parents qui ont fait l'impasse sur le breton croyant privilégier ainsi l'anglais.

Non seulement, l'acquisition de la 3ème langue (après le français et le breton) s'en trouve facilité, mais c'est aussi l'accès aux autres matières qui en tire profit : la conceptualisation des notions et du lexique associé aux notions se fait mieux et plus à fond quant elle se fait en plusieurs langues, dont il est connu que les modes d'expression sont parfois différents.

En conclusion, on peut estimer le système éducatif du PMB et la méthologie employée comme profitables et réussis pour l'ensemble des langues observées et pour toutes les filières, avec une préférence marquée pour les classes bilingues breton-français qui commencent l'anglais en MS. Les classes monolingues ne tirent pas le bénéfice maximal du démarrage précoce comme le font les classes bilingues de même niveau.


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